lundi 23 avril 2018

Deux conférences sur philosophie et numérique à Lyon les 3 et 4 mai

Les 3 et 4 mai prochains, deux grandes manifestations conjointes scanderont les activités de l'AIL, à l'Ens de Lyon et à l'Enssib, dans un contexte fortement interdisciplinaire (IXXI, RAIL).

1. Le *jeudi 3 mai à 14h*, nous entendrons Andrew Feenberg, le philosophe de la technique de réputation mondiale, à l'Ens de Lyon.

Sa conférence, en anglais, portera sur "The Internet as network, system, world". Il analysera l'internet en montrant les apports de Husserl, Marcuse, Simondon et Latour, et en montrant comment on peut à la fois tirer parti de ces auteurs et proposer une analyse plus homogène: plus efficace.

La conférence se tiendra de 14h à 16h, débats inclus, et se tiendra sur le site Monod, en salle des thèses: 46 av d'Italie, Lyon 7e. Cf: http://www.ens-lyon.fr/campus/en-pratique/se-rendre-lens

Elle sera suivie d'une pause café-jus de fruits pour prolonger la discussion.

Le résumé est accessible aux URL:
http://www.ixxi.fr/agenda/seminaires/conference-dandew-feenberg-canada-research-chair-in-philosophy-of-technology-vancouver-the-internet-as-network-system-world 
http://barthes.enssib.fr/atelier/Resume-Feenberg-3mai.html


2. Le lendemain, *vendredi 4 mai de 14h à 18h*, nous entendrons encore Andrew Feenberg, cette fois-ci en français, et Coline Ferrarato. Ce sera à l'Enssib, dans l'amphithéâtre.

Andrew Feenberg commencera par une conférence sur "Internet et démocratie", et Coline Ferrarato poursuivra sur le thème "Sur l'hybridité du numérique: contribution à la théorie critique de la technique".

Le résumé des deux conférences est ici: http://barthes.enssib.fr/atelier/Resume-Feenberg-Ferrarato-4mai.html

Les deux conférences sont naturellement ouvertes à toutes et à tous.





>>> Résumé de la conférence d'Andrew Feenberg à l'Ens-Lyon, le jeudi 3 mai à 14h.

The Internet is unlike anything else in the history of technology that preceded its creation. It is neither a tool nor a machine, but a network. As such it is a new type of technical system. It resembles the telephone system in some respects, but it also has similarities to broadcast networks that distribute entertainment, shopping malls that distribute goods, and transportation systems insofar as it opens new “worlds” to its users.

What is more, the users of the Internet take on new capacities and identities through their participation in the network, most obviously the unprecedented absorption in mediated social relations exemplified by Facebook. This talk will attempt to put some order in the understanding of the Internet in terms of three theoretical approaches, loosely interpreted to suit this new object.

These approaches are actor network theory, the phenomenological concept of world, and Simondon’s concepts of individuation and concretization.

>>> Résumé de la conférence d'Andrew Feenberg à l'Enssib, le vendredi 4 mai.

Le débat sur la contribution de l'internet à la démocratie est loin d'être clos. Certains insistent sur l'accroissement de nos capacités politiques du fait des débats en ligne, de la diffusion d'informations, de la coordination de manifestations et de la levée de fonds pour des élections, pour en déduire que l'internet va reconstruire la sphère publique.

D'autres prétendent que l'internet n'est qu'un supermarché virtuel, l'extension terminale du capitalisme global dans chaque interstice de nos vies.

Ma conférence ira dans le sens de la thèse démocratique, en la précisant. L'internet apporte trois contributions importantes à la démocratie: son rôle dans le processus électoral, son pouvoir de mobilisation dans les situations de crise, sa capacité à rassembler un public dispersé aux quatres coins du monde autour des réseaux techniques; cette dernière contribution de l'internet est pour le moins unique.

De nouveaux publics ont émergé sur l'internet dans des domaines auparavant non politiques, comme la médecine, et avec des conséquences surprenantes. D'autres exemples montreront qu'on peut ainsi repenser les rôles respectifs de la technique et de la démocratie.

>>> Résumé de la conférence de Coline Ferrarato à l'Enssib, le vendredi 4 mai.

La théorie critique de la technique d'Andrew Feenberg offre une alternative viable aux deux visions encore très polarisées de l'internet dans le champ intellectuel contemporain (d'une part, un internet qui décuplerait les capacité démocratiques, de l'autre un internet qui reproduirait avec encore plus de force «l'esprit du capitalisme»).

Mon intervention se propose de commenter le positionnement théorique d'Andrew Feenberg et d'y apporter un nouvel éclairage, en travaillant la définition de l'internet comme système hybride. En comprenant un tel système comme à la croisée de la matérialité des structures et des interfaces logicielles, de nouveaux problèmes politiques se posent (gouvernance, (ré)appropriation des codes techniques) qui rejoignent et complètent les perspectives soulevées par la théorie critique de la technique et sa méthode.

>>> Présentation des intervenants

Andrew Feenberg est titulaire de la Canada Research Chair in Philosophy of Technology, à l'École de Communication de la Simon Fraser University (Harbour Centre, Vancouver).
Il est aussi directeur de programme au Collège international de philosophie.
Il est chercheur invité à l'Enssib.

Coline Ferrarato est étudiante à l'Ens-Ulm. Son master de philosophie portait sur les problématiques numériques contemporaines. Plus particulièrement, il analysait un exemple concret, le logiciel libre, à la lumière des théories de Gilbert Simondon. Coline Ferrarato est actuellement lectrice de français à l'université Eötvös de Budapest (Hongrie). Elle est membre du RAIL (Enssib/IXXI).